Comment reconnaître les figures d’autorité en communication

La peur ! Depuis la nuit des temps nous avons appris à développer des mécanismes de défense en cas de situation d’insécurité, d’inconfort, d’incompréhension, ou encore de rejet. Nos ancêtres étaient confrontés à des situations de vie bien plus pénibles et dangereuses que les nôtres. La survie primait sur le lien social. La peur générait dans ce cas des réactions primaires d’attaque, de fuite ou de repli ( je fais le mort ). Forcément, quand on se retrouve nez à nez avec une grosse bête poilue, à l’aspect peu sympathique et pourvue de crocs aussi grands que mon avant bras, on espère sincèrement avoir un cerveau reptilien qui fasse le bon choix … et rapidement!

Parce que même avec les années qui passent, c’est qu’il est toujours là ce cerveau reptilien!!! Théorie Darwinienne de l’évolution par couche: le cortex recouvre le limbique qui recouvre le reptilien. La dernière fois que vous avez insulté un automobiliste un peu trop aventureux “d’homme de cro- magnon” ( typiquement le genre de nom d’oiseau que l’on n’utilise jamais mais j’avais besoin d’une métaphore…), vous n’aviez peut-être pas tout à fait tort!

Quand nous avons peur et ceci dans toutes nos interactions sociales, nous adoptons naturellement une figure d’autorité de dominant, de fuyant ou d’hyper conciliant. La faute au cerveau reptilien et son mode survie! Et au cerveau limbique ( apparu avec les grands mammifères ) pour ce qui est du contrôle ou plutôt du non contrôle de nos états émotionnels.

Pour communiquer de manière constructive et bienveillante, nous avons besoin d’échanger d’égal à égal dans un rapport d’authenticité, ce que la figure d’autorité rejette à cet instant précis. Pour un échange authentique, il nous faudra donc ramener la figure d’autorité au sein du cercle d’authenticité.

Nous communiquons de manière authentique quand nous sommes:

  • Assertif: je dis ce que je pense et je pense ce que je dis
  • Réflexif: je comprends et j accepte que mon opinion puisse être différente de celle de mon interlocuteur
  • Empathique: je comprends l’état émotionnel de mon interlocuteur et je ne le juge pas.

Voici donc les 3 grandes figures d’autorité, leurs mécanismes de défense, leurs gestes et les stratégies pour les ramener dans le cercle d’authenticité:

  • Le dominant ou encore le conquérant ( il se positionne au dessus de vous ):          

Pour ne pas perdre la face, il ira au combat . C’est Monsieur Madame “je je”, il sait tout, parle fort, n’écoute pas et s’abreuve de son discours. ” Je suis important”. L’ homme omniscient et omnipotent…recourt à la manipulation parfois, voire pression psychologique.

Ses peurs : de perdre la face , de montrer sa vulnérabilité, peur de l’échec, peur du regard des autres et surtout du jugement de sa valeur.

Ses gestes : axe sagittal haut de la tête ( menton relevé ), axe de tête rotatif droit ( cerveau gauche analytique ), doigt qui pointe, gestes hauts et amples, penché en avant en position attaque. Il s’étale sur la table ou avachi comme un adolescent. Il peut gonfler le torse, bouche de mépris ( un côté de la lèvre remonte)….

La stratégie de retour: le dominant aime avoir en face de lui quelqu’un qui aura du répondant et sera à la hauteur, sous peine de le mépriser. Montrez que vous faites le poids ( posture ,voix , regard..) puis ramenez le rapidement dans le cercle d’authenticité grâce à la collaboration. Faites le parler, appuyez vous sur son expertise. Ne rentrez pas en confrontation ( combat de coqs), à aucun moment.

  • Le fuyant ( se positionne à l’écart/ à coté de vous)

Vous l’avez perdu, il est en repli et ne vous fait pas confiance. Le fuyant se met volontairement en dehors de la communication, il ne donnera rien ( détachement) et restera sur la défensive car il est dans la peur de perdre. Il va analyser en détail vos arguments. Il peut se terrer dans le mutisme. Il ne fait pas équipe avec vous.

Ses peurs : peur de se faire avoir, qu’on l’utilise. Peur de perdre des avantages/droits….

Ses gestes : retrait sur chaise, déni ventral, position de fermeture bras/ jambes, lèvres pincées, main devant la bouche ( je garde pour moi/ je ne veux pas dire ), ou doigt sur menton ( doute ), main sur la nuque ( inconfort)…

La stratégie de retouril faut rassurer la personne. La questionner d’abord afin d’identifier ses craintes puis retrouver la confiance en lui expliquant que l’on va faire équipe.” Nous avons le même objectif” . Trouver des leviers de motivation pour ramener l’attention et la mise en action.

  • L’hyperconciliant ( se positionne en dessous de vous)

C’est Monsieur Madame “YES”man ( qui n’en fait pourtant qu’à sa tête ). Il est en séduction pour ne pas s’impliquer, il souhaite faire plaisir à l’autre. Pas d’écoute réelle, pas d’argument concret ( discussions stériles ). Il ne veut pas tomber dans le conflit ni froisser son interlocuteur. Il joue le faux, sa stratégie est de donner.

Ses peurs : ne pas être aimé

Ses gestes : axe sagittal inférieur du menton, axe de tête latéral gauche ( séduction), se touche les cheveux , faux sourire ( pas de pattes d’oie), parfois beaucoup de mouvements pour attirer l’attention…

La stratégie de retourle valoriser, ne pas oublier que la personne est en soumission. Mettre le focus sur les points forts. Demander son avis et proposer une co-construction.

Connaître les figures d’autorité vous permettra d’entretenir des relations saines et authentiques avec vos interlocuteurs que ce soit au sein d’une équipe, en négociation ou en famille même. Dans le cas d’une communication authentique , la figure d’autorité ( le masque ) disparaît pour laisser la place à la personne assertive, bienveillante, rassérénée …qui collabore. Je vous invite à observer ces figures d’autorité, vous les identifiez déjà de façon intuitive. Ne perdez pas de vue qu’en matière de communication, chacun a un objectif précis et une intention positive qu’il cherche à défendre absolument.

C’est très souvent l’ état émotionnel ressenti lié à cette intention qui transforme la communication et transforme votre interlocuteur. Je vous invite également à tenter d’analyser vos propres figures d’autorité et de travailler sur le “pourquoi” de cette peur qui a déclenché ce comportement. Connaître et reconnaître les figures d’autorité ne sera donc pas suffisant, il vous faudra aussi maitriser votre propre état émotionnel ….

To be continued…..

 
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